Mes Lectures

Magnifique «Heure bleue » d’Isabelle Simler

Saviez-vous qu’il existait dans la nature autant de couleurs que sur un nuancier? Qu’on pouvait trouver des animaux quasi féeriques aux couleurs improbables ?Dans « Heure bleue », publié aux Editions Courtes et Longues, Isabelle Simler nous fait découvrir les plus beaux bleus grâce à son tracé fin, détaillé et réaliste.

Dans cet autre article, je vous avais déjà parlé du terme « d’heure bleue » que j’avais découvert grâce au livre de Ghislaine Herbera. Il s’agit de ce moment où le jour se change en nuit et où la nature devient très bavarde si on sait l’écouter.

Au fil des pages, on rencontre le renard bleu mais aussi les grenouilles azurées, les pintades vulturines, la couleuvre agile ou les morphos bleus: un imagier original et sans failles!

Et autant d’animaux qui ne faisaitent pas partie de ma base de données!

En bref, je conseille ce livre à tous les amoureux de la nature, qu’ils soient tout-petits ou plus grands, fans de documentaires animaliers ou totalement novices, champêtres ou citadins.

Comme d’habitude, voici le livre en entier pour vous faire votre propre idée:

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Mes Lectures

« Mon pull » d’Audrey Poussier

Comment passer à côté d’Audrey Poussier en littérature pour enfants?

Dans cet album publié en 2006 aux Editions L’école des Loisirs, on retrouve avec plaisir le lapin rose, héros récurrent chez l’autrice-illustratrice, et toute sa bande de copains!Dans cette histoire, le lapin se plaint de son pull mais il ne tarde pas à voir que ce petit vêtement plaît bien à ses amis! L’une peut en faire un robe, l’autre un petit haut, et pourquoi pas un chapeau ou une culotte pendant qu’on y est?

Tous ces essayages font bien rire la petite bande mais pas le lapin qui réalise que finalement, il lui plaît bien SON pull!

Les tout-petits aimeront:

• les personnages anonymes: des animaux colorés unis sur fond blanc qui permettent aux petits comme aux plus grands de s’identifier facilement

• le texte et toutes ses interjections qui imitent les rires (pfff!, hahaha! Hohoho! Hihihi!)

• retrouver les personnages dans d’autres albums tout aussi drôles

Comme d’habitude, l’album au complet dans ce diaporama:

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Mon avis:

Quand j’ai lu cet album au Lutin (11 mois), il ne semblait pas accrocher avec les images (expérience identique avec « Une Farce »). J’ai continué à lire en essayant de faire vivre les dialogues, en changeant ma voix en fonction des personnages et en m’appliquant sur les différents rires (grande particularité des albums de cette collection où les rires des personnages ont une vraie place!). Du coup, il s’est pris au jeu et en redemande!

AC1E4474-D95D-4BBE-9DFF-A34AAA729BACCertes, l’album n’est pas forcément facile à lire la première fois, même si le texte est très simple, mais en se lâchant un peu, tout le monde peut y arriver.

Quant à l’histoire, il s’agit simplement d’une tranche de vie d’un groupe de jeunes amis, comme on pourrait le voir en crèche ou à l’école.

Posséder, emprunter, prêter, donner…ou finalement pas!

Ça glousse, ça rigole, ça se moque un peu…mais dans la bonne humeur!

On aime, on en reprend, on en offre et on en choisit d’autres dans le même esprit (« La piscine », « J’ai pas dit partez! », « Au lit tout le monde » ou encore « Une Farce »).

Pour ceux qui me suivent sur Instagram @lecturesetreveries , j’ai posté la lecture à voix haute en story, comme promis il y a quelques temps. Merci pour votre indulgence!

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C’était ma participation pour le rendez-vous hebdomadaire « Chut les enfants lisent », proposé par Yolina du blog Devine qui vient bloguer

Mes Lectures

« Un peu perdu » de Chris Haughton

Chris Haughton, auteur et illustrateur, est abonné aux best sellers pour tous petits. Vous connaissez peut-être « oh non Georges! » ou encore « Chut, on a un plan » (que je n’ai pas encore testés avec le Lutin, mais que j’ai vu très très bien fonctionner en crèche), également publiés aux Editions Thierry Magnier.

« Un peu perdu » raconte l’histoire d’un bébé chouette tombé de son nid, qui va partir à la recherche de sa maman avec l’aide d’un écureuil.

Les descriptions de Bébé Chouette les mène vers d’autres animaux de la forêt, tous aussi surpris les uns que les autres, d’être pris pour une chouette!Heureusement, la grenouille a entendu parler d’une maman Chouette qui cherchait son bébé partout!

Les retrouvailles arrivent vite et tout le monde est invité à venir manger des biscuits pour fêter ça…jusqu’à ce que… »oh-oh!… ».

Comme d’habitude, je vous mets l’album complet dans ce diaporama:

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Mon avis:

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’album n’aborde pas les thèmes des accidents domestiques, de la sécurisation des espaces, de la négligence parentale, des enfants qui suivent des inconnus, ni celui des adultes qui invitent des inconnus chez eux.

Par contre, les angoisses de séparation seront évoquées avec humour grâce au sympathique écureuil qui ne s’y connaît pas trop en chouettes!

Je n’ai pas tout de suite aimé les illustrations dont les contours semblent pixellisés, contrairement au Lutin qui a tout de suite accroché (quand il n’aime pas les dessins, on n’a même pas le temps de lire une phrase qu’il repousse le livre).

Par contre, j’ai tout de suite aimé le rythme du texte et les détails qui peuvent passer d’abord inaperçus (à chaque page où le bébé Chouette et l’Ecureuil recherchent maman Chouette, seul le lecteur voit son ombre au loin chercher aussi – par exemple ici sous l’arbre à gauche). Les enfants peuvent donc s’amuser à rechercher la maman avant que les retrouvailles aient lieu.

Les tout-petits aimeront:

• la répétition des phrases de l’écureuil qui donnent un rythme et une mélodie à l’histoire

• les drôles erreurs de l’écureuil (un ours, un lapin puis une grenouille!)

• l’anticipation des retrouvailles grâce à la silhouette de la maman Chouette à chaque proposition de l’écureuil

• les retrouvailles de Bébé Chouette et de sa Maman suivies du goûter dans le nid

En résumé, un album très drôle à lire avec ses boutchous pour dédramatiser les séparations du quotidien!

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C’était ma participation pour le rendez-vous hebdomadaire « Chut les enfants lisent », proposé par Yolina du blog Devine qui vient bloguer

Bla bla·Mes illustrations

Des nouvelles de mon projet illustré

Comme je vous le disais à l’ouverture du blog ICI, j’ai le projet fou de faire publier un album pour enfants.

Le problème, c’est que plus je regarde mes premières planches (réalisées il y a plus d’un an) et moins je les trouve professionnelles…

J’ai donc décidé de travailler plus régulièrement pour améliorer ma technique, en participant à des challenges sur Instagram.

En octobre, il y a eu le #inktober (un thème à illustrer pour chaque jour du mois) et depuis quelques semaines, je participe aux #drawthisinyourstyle (un illustrateur publie un dessin qu’on doit reproduire à sa manière).

Ceux qui me suivent sur mon compte Insta @lecturesetreveries ont accès à toutes mes illustrations en temps réel. Pour ceux qui ne sont pas là-bas, je posterai ici ceux qui ont été les plus appréciés.

En voici quelques-uns:

Et vous, ça vous plaît?

Mes Lectures

Coup de coeur pour « Tu ressembles à quoi? » de Judith Gueyfier

J’étais obligée de revenir rapidement par ici pour vous parler de ce superbe album, trouvé cette année au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse!

« Tu ressembles à quoi? » est un petit album cartonné et carré, publié aux Editions Rue du Monde.

Je suis tout de suite tombée sous le charme des magnifiques illustrations colorées et du thème de la différence, abordé tout en finesse.

Sur chaque double page, 2 personnes différentes sont illustrées (différences d’âge, de couleur de peau, de culture, de sexe, de poids, de style, d’humeur…). En bref, un beau panel pour enrichir le vocabulaire de nos enfants et les ouvrir à la diversité du monde!

Comme d’habitude, voici le diaporama pour vous faire votre propre idée:

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Les tout-petits aimeront:

• les couleurs utilisées

• les personnages réalistes et plus beaux les uns que les autres

• le texte court

• les pages cartonnées et le petit format pour manipuler à souhait

Mon avis:

Judith Gueyfier écrit et dessine, certes, mais elle participe également à de jolis projets comme des siestes musicales en crèche ou maternelle, des ateliers de peinture pour les jeunes migrants isolés, des lectures dessinées pour les Droits de l’Enfant, etc…etc…(si j’ai piqué votre curiosité, rendez-vous sur son blog où vous pourrez en apprendre davantage).

Cet album est donc emprunt de ses belles valeurs, militant sans en avoir l’air pour la tolérance et particulièrement adapté aux tout-petits.

L’ambiance qui se dégage de ses illustrations peintes nous donne envie d’y retourner encore et encore. D’ailleurs, le Lutin en est ultra fan depuis le tout début et le réclame plusieurs fois de suite.

Un magnifique cadeau à avoir dans sa bibliothèque, que ce soit à la maison ou en crèche collective!

Mes Lectures

« Les mains de papa » d’Emile Jadoul

Si vous me suivez sur Instagram @lecturesetreveries vous avez pu voir que j’étais plutôt active du côté dessin ces derniers temps. Et le Lutin occupe la majorité de mon temps.

Du coup, les chroniques lectures se sont un peu égarées…

Je remédie à ça aujourd’hui avec un classique de L’Ecole des Loisirs qui met les papas à l’honneur!

Dans ce tendre album cartonné, Emile Jadoul (auteur et illustrateur) décrit la relation d’un père et son fils grâce à des petites phrases et des onomatopées, de la grossesse à la marche.

Les tout-petits aimeront:

• les charmantes illustrations à la peinture à l’huile de l’auteur

• les onomatopées rigolottes du quotidien qui rythment le livre (hop! Guiliguili! Flic flac! Youhouu!)

• la présence du papa et de la maman

Comme d’habitude, le diaporama complet

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Mon avis:

Les situations illustrées sont simples et très courantes (même si elles ne sont évidemment pas spécifiques à la relation père/enfant).

Mains qui touchent le ventre de la femme enceinte pour communiquer avec le bébé, mains qui bercent le bébé, qui balancent, qui portent en écharpe ou dans l’eau, mains qui aident à monter les marches, à descendre du toboggan, à faire ses premiers pas….

Alors OK, ce papa aide trop et intervient beaucoup dans la motricité de son enfant. Il n’est pas branché Montessori ni Loczy. La Motricité Libre? Connaît pas!

Et surtout, ne prenez pas le portage en écharpe comme modèle ou vous risquez de retrouver bébé tête en bas, voire tête par terre!

Mais en dehors de ça, vous pouvez offrir ce classique les yeux fermés!

Un papa bien présent, qui fait rire, apaise son petit garçon et a de chouettes interactions avec sa femme?

On oublie la Motricité Libre (qui fera d’ailleurs l’objet d’un prochain post) et on fonce!

Pour finir, je vous laisse avec cette courte mais intéressante interview d’Emile Jadoul trouvée sur YouTube:

https://m.youtube.com/watch?v=LlrtCOZ-KxA

Et pour lire la chronique lecture précédente: Les p’tits noms

Bla bla·Divers

Le salon du Livre et de la Presse jeunesse

Cette année, comme les quatre années précédentes, j’ai pu aller à Montreuil pour le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse.

Une fois le Lutin confié (les parents qui tentent la visite avec un moins de 4 ans ont tout mon respect!), direction La Seine-Saint-Denis pour une matinée bien remplie.

L’occasion pour moi de:

– repérer les maisons d’édition qui me correspondraient le mieux quand je serai prête à présenter mon travail

– trouver quelques pépites à ramener au Lutin et tomber amoureuse de la Maison d’Edition Alice Jeunesse qui propose des albums incroyablement beaux comme celui-là qui est une merveilleuse déclaration d’amour à son enfant.

– voir Antonin Louchard et Katie Couprie plaisanter de façon complice tout en dessinant leurs dédicaces (je vous parlais d’eux dans la critique de Oh!La vache)

– voir les nouveautés des Maisons connues ou moins connues

– voir Joan Sfar dédicacer son dernier livre

– craquer sur les superbes illustrations de Marie-Aude Murail

– tomber sur des pépites inconnues à mon bataillon

Bref, il y a tellement de stands à voir que j’aurais pu y passer facilement la journée.

Mais les nuits du Lutin ne me permettent pas d’être assez en forme pour traîner dans un immense hangar sur 2 étages plus de 3 heures d’affilées sans tourner de l’oeil.

Alors rendez-vous l’année prochaine!

Mes Lectures

3 livres d’automne pour découvrir les richesses de la nature

Aujourd’hui, nous partons à la découverte de 3 albums très différents, qui évoquent la nature, l’automne et le changement de saison.

Un tapis de feuilles de Jason Fulford et Tamara Shopsin, publié aux éditions Phaidon.

Cet album m’a sérieusement fait de l’oeil car il ne ressemblait à aucun autre. Du coup, j’avais envie que le Lutin puisse se dire « chouette! Ça peut aussi être ça un livre! ».

Pas de texte ni d’histoire à proprement parler, pour ce joli album aux couleurs d’automne, seulement une citation des auteurs:

Les pages de l’album sont en plastique transparent et sur chacune d’elles, des feuilles d’arbre colorées se superposent, laissant apparaître puis disparaître des petits animaux ou des objets du quotidien. C’est comme si on soulevait nous mêmes ces feuilles d’automne, une à une, pour découvrir les secrets qui s’y cachent: des fourmis, une limace, un petit ver, un gant, des clefs…

La dernière double page ressemble à un imagier qui reprend toutes les feuilles, animaux et objets de l’album en les nommant..

Les images du livre seront plus parlantes:

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En bref: Une idée très originale pour apprendre à aimer la nature, grâce à un subtil jeu de cache-cache que les petits adoreront! Et pourquoi ne pas laisser courir son imagination pour trouver qui a oublié son gant ou de quelles clefs il s’agit?

Il était un arbre d’Emilie Vast, publié aux éditions MeMo (à qui l’on doit le bel album L’heure bleue, chroniqué par ici).

A travers les rencontres animalières d’un arbre, nous parcourons le fil des saisons. Peu de mots, peu de couleurs et beaucoup de détails sur des illustrations fines et douces: juste ce qu’il faut pour captiver l’attention d’un tout-petit.

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En bref: Un texte épuré pour un style poétique, sur ce format d’albul atypique. Les plus petits comme les plus grands se laisseront tenter par l’aventure.

Maintenant que tu sais d’Anne Crausaz, publié également aux éditions MeMo, nous raconte l’histoire de l’Amanite (qui est en fait une Amanite Muscaria – on y reviendra).

Ce champignon vénéneux est, certes, très dangereux pour les êtres humains mais son destin est bien plus compliqué que cela.

Si sa mauvaise réputation est justifiée, qu’en est-il de son utilité dans l’écosystème?

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En bref: Avec ses illustrations colorées et adorables, Anne Crausaz nous donne envie de bisouter et de câliner ce charmant petit champignon solitaire et nous fait indirectement penser à ne pas se fier aux apparences!

Une fable écologique dans album original qui intéressera les plus de 3 ans (beaucoup de pages et de texte).

Pour la petite histoire, l’Amanite comporte en réalité de nombreuses espèces de champignons dont certaines sont comestibles! La variété Muscaria, celle de l’album, est la plus répandue. Elle est rarement mortelle mais très hallucinogène.

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C’était ma participation pour le rendez-vous hebdomadaire « Chut les enfants lisent », proposé par Yolanda du blog Devine qui vient bloguer

Mes Lectures

Lecture du jour: « C’est un petit livre » de Lane Smith

Aujourd’hui nous partons à la découverte d’un album cartonné publié chez Gallimard Jeunesse: « C’est un petit livre » de Lane Smith.

Dans ce mignon petit album, Petit Ane cherche à comprendre comment utiliser un mystérieux objet: un livre!

Et Petit Ane a beaucoup d’imagination pour détourner le livre de son utilisation principale!

Le mâchouiller ? Le mettre en chapeau ou en bec de canard? Envoyer des emails avec? S’assoir dessus? Téléphoner avec? En faire un toit? S’en servir pour dormir ? Toutes les questions y passent.

Heureusement, son copain singe est là pour lui révéler le secret:

« Ça se lit…c’est un livre, Petit Ane! »

Le diaporama complet, comme d’habitude:

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Les tout-petits aimeront:

• s’identifier à Petit Ane et Petit Singe avec leurs couches culottes

• le rythme de la lecture, ponctué par la répétition du « non » à chaque question posée

• l’imagination du Petit Ane qui ne parvient pas à trouver la vraie utilisation du livre

• le format carré pas très grand et cartonné, facile à tenir même pour les plus jeunes

Mon avis:

J’ai trouvé ce livre d’une simplicité et d’une intelligence redoutables!

Les personnages sont vraiment craquants. Le petit âne peut sembler naïf au premier abord (ne dit-on pas « bête vomme un âne »?) mais il s’amuse juste à détourner l’objet-livre avec son imagination débordante, comme tous les petits le font naturellement si on les laisse un peu faire (et comme je vous l’expliquais ici, cela fait partie de la découverte).

D’ailleurs, j’ai adoré le joli clin d’oeil sur ce livre emprunté à la bibliothèque: des jolies marques de quenottes!

Le singe, lui, connait l’objet-livre. Ce n’est pas qu’il est plus malin (« comme un singe »), c’est qu’il a déjà appris. Il a déjà eu le temps d’observer ou alors les adultes l’ont déjà briefé.

Un album à lire et à relire, en collectivité comme à la maison, pour transmettre avec humour comment utiliser un livre sans trop l’abîmer.

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Étant très prise par les illustrations du Inktober ce mois-ci (visibles sur Instagram @lecturesetreveries pour l’instant), je délaisse un peu le blog. J’ai donc décidé de me donner l’objectif de publier un billet lecture au moins une fois par semaine.

Le rendez-vous « Chut les enfants lisent », proposé de Yolanda du blog Devine qui vient bloguer est parfait pour me motiver.

C’était donc ma participation pour ce rendez-vous des passionnés de Littérature Jeunesse.

Bla bla·Divers·petite enfance

5 règles d’or pour lire aux tout-petits

Avant d’avoir été en formation sur la lecture aux tout-petits, je pensais savoir lire. Mais ça, c’était avant…

J’en suis ressortie avec quelques règles d’or que je m’efforce de conserver avec mon Lutin.

Après les 5 bonnes raisons de lire aux tout-petits, je vous propose donc les 5 règles d’or pour lire aux tout-petits:

1On laisse découvrir l’objet livre à l’enfant, avec le moins de contraintes possibles.

Cela implique de choisir des livres adaptés à l’âge en contenu ET dans le format du livre: le tout-petit doit pouvoir manipuler le livre (attention au poids et à la taille), le goûter pour les plus jeunes (sans les laisser le détruire), tourner les pages dans l’ordre qui lui plait lorsqu’il manipule seul.

Pour résumer, moins on fait du livre un objet sacré, moins les enfants essaieront de l’abîmer ou de l’éviter (trop de contraintes, ça peut effrayer).

2On n’oblige pas l’enfant à rester assis pour écouter l’histoire

Pour nous adultes qui racontons, c’est plus commode d’avoir un enfant immobile, qui fixe le livre et reste pendu à nos lèvres (surtout en collectivité).

Sauf que pour la plupart des enfants de moins de 5 ans, la motricité est un point essentiel, notamment pour gérer les émotions.

En crèche, j’ai vu des enfants grimper tout en haut du toboggan au moment où l’on évoquait le loup. J’en ai vu d’autres aller chercher leur doudou ou leur tétine pour traverser le temps de lecture. D’autres ont besoin de se lever, de bouger, de toucher le livre, de se rapprocher physiquement du lecteur pendant l’histoire ou de s’en éloigner.

Cela ne veut pas dire qu’ils n’écoutent pas ou qu’ils n’aiment pas la lecture, juste qu’ils ont besoin d’en maîtriser quelque chose, à leur manière.

3• On ne transforme pas le moment de lecture en interro surprise ou en explication de texte.

Imaginez-vous en train de lire un livre et qu’une voix commente chaque phrase, vous donne la définition Larousse de différents mots, vous explique comment imaginer ou vous demande sans cesse ce que vous avez compris. Il y a des chances que vous laissiez tomber votre lecture.

Un bon livre raconte une histoire qui a un sens, une mélodie, parfois des rimes.

Quand on lit un album, l’enfant comprend peu à peu que le texte a un rapport avec l’image. Rapidement, il va mémoriser les courtes phrases et voudra même parfois lire seul.

Pour résumer, si on veut vraiment que le tout-petit soit attiré par la lecture, par les histoires et par les textes, il suffit de lire des albums sans parasiter la lecture par nos commentaires.

4On ne change pas le texte.

Un livre est un objet permanent, stable: le texte et les images sont toujours les mêmes. On sait déjà que le tout-petit a besoin de maîtriser son environnement pour le comprendre. Le livre n’échappe pas à la règle.

Les petits ont besoin de maîtriser le texte pour se rassurer. Plus le temps va passer et plus ils aimeront anticiper les phrases, les dire eux-mêmes.

Même si certains mots nous semblent compliqués, il est inutile de les simplifier. Il suffit d’attendre que l’enfant soit en âge de demander ce que cela signifie. Et s’il ne demande rien, c’est qu’il n’est pas encore intéressé. Laissons-le donc avec son propre imaginaire.

L’un des intérêts de la lecture est d’enrichir le vocabulaire, certes. Mais pour un tout-petit, ce sont la tonalité et la sonorité des mots qui vont compter davantage dans un premier temps. Le vocabulaire et la compréhension s’affineront avec le temps. Et si on tient absolument à leur apprendre de nouveaux mots, pourquoi ne pas utiliser plutôt des imagiers thématiques?

5• On ne saute pas de page, et on n’évite pas un livre car l’enfant pleure ou semble avoir peur. Par contre, on doit l’accompagner dans ses angoisses.

J’ai beaucoup vu cela en collectivité et parfois même à la demande des parents « il a très peur du loup en ce moment, arrêtons les histoires de loups » « il mord beaucoup, stoppons les histoires d’animaux avec des grandes dents, qui mordent ou croquent » « elle est triste pendant cette histoire, évitons là ».

Si l’enfant exprime des émotions, c’est que ce livre touche une problématique qui le concerne de près ou de loin et qu’il va la travailler à sa manière, à son rythme.

Laissons donc ces livres à disposition, continuons à les lire en proposant un doudou, une tétine, une lecture sur nos genoux pour rassurer. Et parlons leur de leurs émotions (pourquoi pas avec un livre dont c’est le thème?).

Eviter le livre ou le thème qu’il traite pourrait envoyer le message qu’il y a une raison d’avoir peur, que l’objet livre est dangereux. Au contraire, le livre peut permettre de maîtriser ses peurs (ouvrir et refermer le livre soi-même peut aider par exemple, entendre des histoires où le loup a peur aussi,…). Ou parfois simplement attendre que l’enfant, au fil des lectures, digère ses émotions.

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Je sais que la plupart des adultes ne tiennent pas compte de ces règles et ce n’est évidemment pas dramatique. Mais j’ai pris conscience que cela comportait un risque: celui de ne pas associer la lecture au mot plaisir.

Beaucoup de parents et de professionnels que j’ai rencontrés pensaient que les enfants à qui ils lisaient ne s’intéressaient pas aux livres. Sauf qu’ils ne lisaient pas l’histoire. Ils commentaient chaque illustration avec leur propre imaginaire, changeaient les mots à chaque fois, attendaient des enfants qu’ils racontent ce qu’ils avaient compris ou les corrigeaient s’ils avaient imaginé autre chose. Il ne s’agissait donc pas de lecture-plaisir mais plutôt de lecture-apprentissage, avec des attentes, des bonnes et des mauvaises réponses. En écoutant une histoire, l’enfant risquait donc d’être en échec.

La seule chose que je pourrai ajouter pour vous convaincre, c’est simplement d’essayer, juste pour voir! Et croyez-moi, ce n’est pas simple de changer ses habitudes.

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Et à la maison, on fait comment?

On fait avec souplesse! Je lis au Lutin en tenant compte de ces règles d’or depuis qu’il a deux semaines. A 7 mois, il est toujours fan de nos moments de lecture qui peuvent durer une demie-heure entière.

Mais je n’impose ces règles à personne d’autre.

Car je vois le Lutin partager des moments de lecture complices avec son papa ou avec ses grands-parents et je me dis qu’il aura différents types de lecteurs autour de lui.

Ce qui est sûr, c’est qu’on lui aura transmis le plaisir de la lecture, chacun à notre manière.