Mes Lectures

3 livres d’automne pour découvrir les richesses de la nature

Aujourd’hui, nous partons à la découverte de 3 albums très différents, qui évoquent la nature, l’automne et le changement de saison.

Un tapis de feuilles de Jason Fulford et Tamara Shopsin, publié aux éditions Phaidon.

Cet album m’a sérieusement fait de l’oeil car il ne ressemblait à aucun autre. Du coup, j’avais envie que le Lutin puisse se dire « chouette! Ça peut aussi être ça un livre! ».

Pas de texte ni d’histoire à proprement parler, pour ce joli album aux couleurs d’automne, seulement une citation des auteurs:

Les pages de l’album sont en plastique transparent et sur chacune d’elles, des feuilles d’arbre colorées se superposent, laissant apparaître puis disparaître des petits animaux ou des objets du quotidien. C’est comme si on soulevait nous mêmes ces feuilles d’automne, une à une, pour découvrir les secrets qui s’y cachent: des fourmis, une limace, un petit ver, un gant, des clefs…

La dernière double page ressemble à un imagier qui reprend toutes les feuilles, animaux et objets de l’album en les nommant..

Les images du livre seront plus parlantes:

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En bref: Une idée très originale pour apprendre à aimer la nature, grâce à un subtil jeu de cache-cache que les petits adoreront! Et pourquoi ne pas laisser courir son imagination pour trouver qui a oublié son gant ou de quelles clefs il s’agit?

Il était un arbre d’Emilie Vast, publié aux éditions MeMo (à qui l’on doit le bel album L’heure bleue, chroniqué par ici).

A travers les rencontres animalières d’un arbre, nous parcourons le fil des saisons. Peu de mots, peu de couleurs et beaucoup de détails sur des illustrations fines et douces: juste ce qu’il faut pour captiver l’attention d’un tout-petit.

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En bref: Un texte épuré pour un style poétique, sur ce format d’albul atypique. Les plus petits comme les plus grands se laisseront tenter par l’aventure.

Maintenant que tu sais d’Anne Crausaz, publié également aux éditions MeMo, nous raconte l’histoire de l’Amanite (qui est en fait une Amanite Muscaria – on y reviendra).

Ce champignon vénéneux est, certes, très dangereux pour les êtres humains mais son destin est bien plus compliqué que cela.

Si sa mauvaise réputation est justifiée, qu’en est-il de son utilité dans l’écosystème?

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En bref: Avec ses illustrations colorées et adorables, Anne Crausaz nous donne envie de bisouter et de câliner ce charmant petit champignon solitaire et nous fait indirectement penser à ne pas se fier aux apparences!

Une fable écologique dans album original qui intéressera les plus de 3 ans (beaucoup de pages et de texte).

Pour la petite histoire, l’Amanite comporte en réalité de nombreuses espèces de champignons dont certaines sont comestibles! La variété Muscaria, celle de l’album, est la plus répandue. Elle est rarement mortelle mais très hallucinogène.

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C’était ma participation pour le rendez-vous hebdomadaire « Chut les enfants lisent », proposé par Yolanda du blog Devine qui vient bloguer

Mes Lectures

Lecture du jour: « C’est un petit livre » de Lane Smith

Aujourd’hui nous partons à la découverte d’un album cartonné publié chez Gallimard Jeunesse: « C’est un petit livre » de Lane Smith.

Dans ce mignon petit album, Petit Ane cherche à comprendre comment utiliser un mystérieux objet: un livre!

Et Petit Ane a beaucoup d’imagination pour détourner le livre de son utilisation principale!

Le mâchouiller ? Le mettre en chapeau ou en bec de canard? Envoyer des emails avec? S’assoir dessus? Téléphoner avec? En faire un toit? S’en servir pour dormir ? Toutes les questions y passent.

Heureusement, son copain singe est là pour lui révéler le secret:

« Ça se lit…c’est un livre, Petit Ane! »

Le diaporama complet, comme d’habitude:

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Les tout-petits aimeront:

• s’identifier à Petit Ane et Petit Singe avec leurs couches culottes

• le rythme de la lecture, ponctué par la répétition du « non » à chaque question posée

• l’imagination du Petit Ane qui ne parvient pas à trouver la vraie utilisation du livre

• le format carré pas très grand et cartonné, facile à tenir même pour les plus jeunes

Mon avis:

J’ai trouvé ce livre d’une simplicité et d’une intelligence redoutables!

Les personnages sont vraiment craquants. Le petit âne peut sembler naïf au premier abord (ne dit-on pas « bête vomme un âne »?) mais il s’amuse juste à détourner l’objet-livre avec son imagination débordante, comme tous les petits le font naturellement si on les laisse un peu faire (et comme je vous l’expliquais ici, cela fait partie de la découverte).

D’ailleurs, j’ai adoré le joli clin d’oeil sur ce livre emprunté à la bibliothèque: des jolies marques de quenottes!

Le singe, lui, connait l’objet-livre. Ce n’est pas qu’il est plus malin (« comme un singe »), c’est qu’il a déjà appris. Il a déjà eu le temps d’observer ou alors les adultes l’ont déjà briefé.

Un album à lire et à relire, en collectivité comme à la maison, pour transmettre avec humour comment utiliser un livre sans trop l’abîmer.

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Étant très prise par les illustrations du Inktober ce mois-ci (visibles sur Instagram @lecturesetreveries pour l’instant), je délaisse un peu le blog. J’ai donc décidé de me donner l’objectif de publier un billet lecture au moins une fois par semaine.

Le rendez-vous « Chut les enfants lisent », proposé de Yolanda du blog Devine qui vient bloguer est parfait pour me motiver.

C’était donc ma participation pour ce rendez-vous des passionnés de Littérature Jeunesse.

Bla bla·Divers·petite enfance

5 règles d’or pour lire aux tout-petits

Avant d’avoir été en formation sur la lecture aux tout-petits, je pensais savoir lire. Mais ça, c’était avant…

J’en suis ressortie avec quelques règles d’or que je m’efforce de conserver avec mon Lutin.

Après les 5 bonnes raisons de lire aux tout-petits, je vous propose donc les 5 règles d’or pour lire aux tout-petits:

1On laisse découvrir l’objet livre à l’enfant, avec le moins de contraintes possibles.

Cela implique de choisir des livres adaptés à l’âge en contenu ET dans le format du livre: le tout-petit doit pouvoir manipuler le livre (attention au poids et à la taille), le goûter pour les plus jeunes (sans les laisser le détruire), tourner les pages dans l’ordre qui lui plait lorsqu’il manipule seul.

Pour résumer, moins on fait du livre un objet sacré, moins les enfants essaieront de l’abîmer ou de l’éviter (trop de contraintes, ça peut effrayer).

2On n’oblige pas l’enfant à rester assis pour écouter l’histoire

Pour nous adultes qui racontons, c’est plus commode d’avoir un enfant immobile, qui fixe le livre et reste pendu à nos lèvres (surtout en collectivité).

Sauf que pour la plupart des enfants de moins de 5 ans, la motricité est un point essentiel, notamment pour gérer les émotions.

En crèche, j’ai vu des enfants grimper tout en haut du toboggan au moment où l’on évoquait le loup. J’en ai vu d’autres aller chercher leur doudou ou leur tétine pour traverser le temps de lecture. D’autres ont besoin de se lever, de bouger, de toucher le livre, de se rapprocher physiquement du lecteur pendant l’histoire ou de s’en éloigner.

Cela ne veut pas dire qu’ils n’écoutent pas ou qu’ils n’aiment pas la lecture, juste qu’ils ont besoin d’en maîtriser quelque chose, à leur manière.

3• On ne transforme pas le moment de lecture en interro surprise ou en explication de texte.

Imaginez-vous en train de lire un livre et qu’une voix commente chaque phrase, vous donne la définition Larousse de différents mots, vous explique comment imaginer ou vous demande sans cesse ce que vous avez compris. Il y a des chances que vous laissiez tomber votre lecture.

Un bon livre raconte une histoire qui a un sens, une mélodie, parfois des rimes.

Quand on lit un album, l’enfant comprend peu à peu que le texte a un rapport avec l’image. Rapidement, il va mémoriser les courtes phrases et voudra même parfois lire seul.

Pour résumer, si on veut vraiment que le tout-petit soit attiré par la lecture, par les histoires et par les textes, il suffit de lire des albums sans parasiter la lecture par nos commentaires.

4On ne change pas le texte.

Un livre est un objet permanent, stable: le texte et les images sont toujours les mêmes. On sait déjà que le tout-petit a besoin de maîtriser son environnement pour le comprendre. Le livre n’échappe pas à la règle.

Les petits ont besoin de maîtriser le texte pour se rassurer. Plus le temps va passer et plus ils aimeront anticiper les phrases, les dire eux-mêmes.

Même si certains mots nous semblent compliqués, il est inutile de les simplifier. Il suffit d’attendre que l’enfant soit en âge de demander ce que cela signifie. Et s’il ne demande rien, c’est qu’il n’est pas encore intéressé. Laissons-le donc avec son propre imaginaire.

L’un des intérêts de la lecture est d’enrichir le vocabulaire, certes. Mais pour un tout-petit, ce sont la tonalité et la sonorité des mots qui vont compter davantage dans un premier temps. Le vocabulaire et la compréhension s’affineront avec le temps. Et si on tient absolument à leur apprendre de nouveaux mots, pourquoi ne pas utiliser plutôt des imagiers thématiques?

5• On ne saute pas de page, et on n’évite pas un livre car l’enfant pleure ou semble avoir peur. Par contre, on doit l’accompagner dans ses angoisses.

J’ai beaucoup vu cela en collectivité et parfois même à la demande des parents « il a très peur du loup en ce moment, arrêtons les histoires de loups » « il mord beaucoup, stoppons les histoires d’animaux avec des grandes dents, qui mordent ou croquent » « elle est triste pendant cette histoire, évitons là ».

Si l’enfant exprime des émotions, c’est que ce livre touche une problématique qui le concerne de près ou de loin et qu’il va la travailler à sa manière, à son rythme.

Laissons donc ces livres à disposition, continuons à les lire en proposant un doudou, une tétine, une lecture sur nos genoux pour rassurer. Et parlons leur de leurs émotions (pourquoi pas avec un livre dont c’est le thème?).

Eviter le livre ou le thème qu’il traite pourrait envoyer le message qu’il y a une raison d’avoir peur, que l’objet livre est dangereux. Au contraire, le livre peut permettre de maîtriser ses peurs (ouvrir et refermer le livre soi-même peut aider par exemple, entendre des histoires où le loup a peur aussi,…). Ou parfois simplement attendre que l’enfant, au fil des lectures, digère ses émotions.

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Je sais que la plupart des adultes ne tiennent pas compte de ces règles et ce n’est évidemment pas dramatique. Mais j’ai pris conscience que cela comportait un risque: celui de ne pas associer la lecture au mot plaisir.

Beaucoup de parents et de professionnels que j’ai rencontrés pensaient que les enfants à qui ils lisaient ne s’intéressaient pas aux livres. Sauf qu’ils ne lisaient pas l’histoire. Ils commentaient chaque illustration avec leur propre imaginaire, changeaient les mots à chaque fois, attendaient des enfants qu’ils racontent ce qu’ils avaient compris ou les corrigeaient s’ils avaient imaginé autre chose. Il ne s’agissait donc pas de lecture-plaisir mais plutôt de lecture-apprentissage, avec des attentes, des bonnes et des mauvaises réponses. En écoutant une histoire, l’enfant risquait donc d’être en échec.

La seule chose que je pourrai ajouter pour vous convaincre, c’est simplement d’essayer, juste pour voir! Et croyez-moi, ce n’est pas simple de changer ses habitudes.

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Et à la maison, on fait comment?

On fait avec souplesse! Je lis au Lutin en tenant compte de ces règles d’or depuis qu’il a deux semaines. A 7 mois, il est toujours fan de nos moments de lecture qui peuvent durer une demie-heure entière.

Mais je n’impose ces règles à personne d’autre.

Car je vois le Lutin partager des moments de lecture complices avec son papa ou avec ses grands-parents et je me dis qu’il aura différents types de lecteurs autour de lui.

Ce qui est sûr, c’est qu’on lui aura transmis le plaisir de la lecture, chacun à notre manière.

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Une parfaite journée, de Jennifer Yerkes

Aujourd’hui je vous parle d’un énorme coup de coeur: Une parfaite journée.
Il s’agit d’un album écrit et illustré par la talentueuse Jennifer Yerkes, paru aux Editions Notari (chez nos amis suisses).

A la bibliothèque, j’ai tout de suite craqué sur les magnifiques illustrations aux crayons de couleur.

L’album raconte avec simplicité comment une belle journée d’été peut virer à l’orage avant un retour au calme.

L’album nous amène à la rencontre de divers animaux: l’oiseau et son cui cui, les abeilles et leurs bzz bzz, les serpents et leurs sss sss…

Bref, tout se passe pour le mieux dans les champs…quand soudain, un autre type de musique retentit dans le ciel, laissant place à une averse de pluie bleue et violette!

J’ai beaucoup aimé la comparaison de l’orage et de la pluie avec des instruments de musique. C’est une super idée pour aider les enfants à banaliser voire même à apprécier ces moments, souvent teintés de peur.

Les tout-petits aimeront:

• découvrir ou reconnaître les animaux des champs: les abeilles, le serpent, le renard, l’oiseau,…

• découvrir les bruits d’animaux (attention, un entraînement s’impose, notamment pour le glapissement du renard…vous trouverez le son ici …bon courage 😉)

• le rythme de l’histoire

• les superbes illustrations colorées

Le Lutin a beaucoup apprécié cette lecture. Il me regardait avec des yeux tout ronds quand j’imitais les bruits d’animaux, alternant entre les dessins et ma lecture.

Mini bémol : l’album n’est pas cartonné donc il reste fragile pour une manipulation sans adulte.

Un joli album à lire et relire sans fin, pour les enfants qui ont peur de l’orage et ceux qui savent déjà l’apprécier, idéal pour un cadeau jusqu’à 4-5 ans!

Comme d’habitude, le diaporama complet:

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Pour lire la chronique lecture précédente: Une poule sur un mur de Julia Chausson.

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Lecture du jour: Une poule sur un mur de Julia Chausson

Aujourd’hui, je vous présente un album qui illustre la célèbre comptine « une poule sur un mur », publié aux éditions Rue du Monde.

La première page reprend la comptine en vert sur la page de gauche et une jolie poule rose fushia sur fond blanc sur la page de droite.

A chaque page, une phrase de la comptine disparaît ainsi qu’une petite partie de la poule, comme si elle était elle-même picorée, jusqu’à n’y laisser que 2 graines. La dernière page voit réapparaître la poule dans un énorme ATCHOUM!

L’illustratrice, Julia Chausson, mérite un petit détour car ces dessins (comme beaucoup de ceux de ses albums comptines) ont été réalisés à partir de gravures sur bois.

Chaque dessin a donc été gravé sur une plaque de bois et la gravure en relief a été utilisée comme tampon.

Les tout-petits aimeront:

• retrouver les comptines qu’ils ont l’habitude d’entendre

• les couleurs chatoyantes fushia et vert

• le jeu de cache-cache avec la poule et les mots

• la réapparition de la poule au son du Atchoum!

Mon avis:

Quand j’ai trouvé ce livre à la bibliothèque, j’ai tout de suite été attirée par les couleurs et par le choix de la comptine.

Mais à la lecture, j’ai trouvé cet album vraiment bizarre. L’idée est vraiment originale et intéressante…mais pour être honnête, ça m’a drôlement angoissée de voir cette poule disparaître avec les picotis picotas, s’auto-grignotant presque au fur et à mesure.

Heureusement, la pirouette finale fait réapparaître notre poule rose du début grâce à un éternuement. J’ai pas bien vu le rapport mais ça m’a vraiment rassurée!

Je serai curieuse de savoir si l’album vous a fait le même effet et surtout si vos boutchous aiment.

Comme d’habitude, le livre au complet:

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Pour lire la chronique lecture précédente sur le thème de la naissance: Le jour de ta naissance d’Emma Dodd

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Lecture du jour: Regarde dans la mer

Les vacances touchent à leur fin par ici, mais rien ne nous empêche de cultiver la nostalgie en parlant de la mer et de ses richesses!

Je vous parle donc aujourd’hui d’un album édité chez Petit Nathan (la collection petite enfance de chez Nathan).

Regarde dans la mer Emiri Hayashi Nathan

Je vous avais déjà présenté Regarde dans le ciel et Regarde dans la nuit de la même collection, avec les jolies illustrations d’Emiri Hayashi. Celui-ci est pour l’instant mon préféré.

Comme d’habitude, le diaporama complet:

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Les tout-petits aimeront:

• les chouettes illustrations rondes et colorées d’Emiri Hayashi

• la mélodie du texte avec la répétition à chaque page par « regarde dans la mer » (ce qui permettra au tout-petit d’anticiper la suite de l’histoire)

• la jolie typographie

• la palette limitée de couleurs très contrastées: fond bleu roi, animaux marins orange fluo, plantes argentées ou bleu ciel, et petit poisson bleu

• le jeu de textures (incrustations argentées et petit poisson pailleté granuleux en relief)

Extrait Regarde dans la mer emiri hayashi nathan

Mon avis d’adulte:

Un joli album coloré idéal pour une première découverte des animaux marins et des chiffres: 1 baleine, 2 tortues, 3 pieuvres, 4 étoiles de mer, 5 crabes et 1000 petits poissons!

On prend plaisir à suivre le petit poisson bleu qui fait de nouvelles rencontres à chaque page.

Le jeu de couleurs nous en met plein les mirettes et nous transporte dans un monde sous-marin passionnant. Ce choix est particulièrement adapté à la vision des bébés dans leurs premiers mois.

Le grand format carré cartonné, un peu lourd pour être manipulé par un bébé, est une invitation à la lecture partagée! Les plus grands, quand à eux, pourront le manipuler seuls à leur guise.

Regarde dans la mer Emiri Hayashi Nathan

Le Lutin en est fan depuis ses premières semaines et prend toujours autant plaisir à cette lecture. A 5 mois, il touche beaucoup le livre et a remarqué la texture en relief du petit poisson bleu. Je pense que cet album va nous suivre encore un bon bout de temps!

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Et pour lire la chronique lecture précédente sur un imagier à toucher: Les jouets

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Coup de coeur pour…L’heure bleue de Ghislaine Herbera

Connaissez-vous l’heure bleue, ce moment entre le jour et la nuit, l’heure où le ciel met sa robe du soir?

Dans ce joli album publié aux Editions MeMo, Ghislaine Herbera évoque ce fameux moment, souvent en début de soirée, où nos tout-petits ont un coup de blues, un gros chagrin, sans que rien de spécial ne se soit passé.

Comme s’il suivait une caméra qui se déplace de gauche à droite, le lecteur découvre la soirée d’une famille à travers des dialogues.

Du papa qui lit un livre à sa fille, en passant par la maman qui bricole, les frères et soeurs qui jouent à la bagarre, font des constructions, cuisinent ou prennent un bain, tout semble normal jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que Nomi, le petit dernier, assis sur son tapis, ne va pas très bien…

Chacun arrête alors son activité pour chercher à comprendre ce qui ne va pas.

L’histoire se termine lorsque Nin, l’une des soeurs, annonce avoir percé le mystère!

« C’est l’heure bleue, l’heure du chagrin mystérieux où l’on a seulement besoin d’un gros calin, d’un baiser, d’une caresse pour qu’il disparaisse ».

Nin prend Nomi dans ses bras et celui-ci, se sentant enfin compris, s’endort paisiblement.

Avant de vous donner mon avis, je vous mets le diaporama complet, comme d’habitude.

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Les tout-petits aimeront:

• les douces illustrations aux crayons de couleurs de Ghislaine Herbera

• la reconnaissance des événements du quotidien (les jeux, le bain, la préparation du repas…)

• la mélodie des questions qui se finissent par des rimes

• l’histoire qui se finit par un gros câlin

Mon avis d’adulte:

L’histoire parle autant aux parents qu’aux enfants.

C’est un vrai album coup de coeur avec des illustrations délicates et originales.

On s’identifie facilement à ces personnages (créations de l’illustratrice ou animaux bizarroïdes – un peu du style de Tchoupi dont je cherche encore le type d’animal).

Le texte peut sembler long pour un tout-petit de moins de 2 ans, mais comme vous le savez déjà, pour moi, les indications d’âge des éditeurs ne sont pas infaillibles. A chacun de voir si son boutchou est réceptif ou non!

J’ai bien aimé le parallèle entre les questions posées par les membres de cette famille pour aider Nomi et les questions que se posent tous les parents quand leur bébé ne va pas bien. Est-ce la faim? La douleur? Le besoin d’être changé ? Celui de jouer?

Et finalement, si c’était simplement le besoin d’être câliné et porté?

Une fresque bienveillante à mettre donc entre toutes les petites mains!

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Et pour lire la précédente chronique lecture sur le bel album coloré d’Antony Louchard et Katy Couprie : Oh!la vache

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Lecture du jour: Oh!la vache

On se retrouve aujourd’hui avec un album qui plait beaucoup aux tout-petits: oh! la vache, d’Antonin Louchard et Katy Couprie (aux Editions Thierry Magnier).

Promis, cet album très coloré va vous réveiller!

Les tout-petits aimeront:

• les couleurs flashy et les contrastes, tellement adaptés à la vue des bébés (y compris dès les 1ères semaines).

• les rimes à chaque page qui font sonner le tout comme une poésie ou une comptine

• les pages cartonnées qui permettront aux adultes de laisser le livre à disposition

Mon avis d’adulte:

Un album plein d’humour qui se lit facilement. Je me suis amusée à trouver le bon ton pour lire chaque phrase, ce qui semble étonner le Lutin à chaque fois. Il est d’ailleurs fasciné par toutes ces couleurs incroyables.

Le texte, les illustrations contrastées et le format carré cartonné en font un livre à raconter dès la naissance, même s’il est conseillé « à partir de 2 ans » (d’ailleurs je ne suis jamais d’accord avec les recommandations d’éditeurs…).

Et pour les plus grands, en crèche ou à la maison, pourquoi ne pas s’amuser à rechercher de nouvelles vaches à illustrer?

Vache à plis, je te suis!

Vache à bosses, tu te gausses!

Vache à chapeau, t’es un taureau!

Bon, j’arrête ma folie passagère et vous laisse en compagnie de ce chouette album que je recommande vivement!

Comme d’habitude, le diaporama complet:

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Si vous souhaitez lire mes autres chroniques de livres pour enfants, cliquez ICI.

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Lecture du jour: la boite des papas 1

La boîte des papas est un coffret de 4 petits livres cartonnés: il s’agit de la réédition des célèbres grands formats « Papa dort », « Papa se rase », « Papa est content » et « Papa conduit » d’Alain Le Saux, décédé il y a quelques années.

Les illustrations ont toutes les mêmes codes: un papa qui occupe la quasi totalité de la page et son tout petit garçon – toujours sur fond rouge, sans aucun blanc. On y retrouve toujours les mêmes couleurs (presque uniquement les couleurs primaires).

Comme d’habitude, je vous ai mis les 4 albums complets en diaporama.

Dans « Papa dort », on assiste aux nombreuses activités quotidiennes d’un papa, observé avec attention par son fils. Dans cet album, le papa s’occupe très peu de son fils. Il vit un peu sa vie (mange, fume, dort, lit, court….) sans rien partager.

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Dans « Papa se rase », on découvre un papa qui dort avec une dame (est-ce maman, belle-maman ou autre? Laissons aux petits le soin d’imaginer…), qui joue à la bagarre ou au train avec son fils, qui se fâche, qui se mouche…).

En bref, un papa plus présent! D’ailleurs, le fils est plus souriant que sur l’album précédent!

Petite particularité : tous les verbes sont réfléchis (se raser, se réveiller, se brosser…)

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Dans « Papa est content », on part à la rencontre d’un papa qui a des émotions (jaloux, amoureux, content), qui joue avec son fils (à se faire emprisonner ou bien à cache-cache), qui n’est pas superman (il est fatigué et malade), un papa normal en somme!

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Dans « Papa conduit », on retrouve un papa très actif (il tond, conduit, visse, arrose, filme) mais qui aime aussi sentir les fleurs et peut même pleurer.

Petite mention spéciale à l’illustration du caméscope qui ne parlera qu’aux trentenaires voire plus!

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Les tout-petits aimeront:

• le petit format cartonné solide et facile à manipuler

• les couleurs vives

• la simplicité du texte qui décrit des activités de tous les jours

• la référence au papa et ses multiples facettes

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Mon avis d’adulte:

Lorsque j’ai découvert ces petits albums en crèche, j’étais très sceptique. Je n’étais pas fan du tout des illustrations, je trouvais le petit garçon plutôt vilain et j’avais envie de coller des baffes au papa. Et oui, un livre ça provoque des sensations étranges parfois…

Pourtant en crèche, j’observais que les enfants, bébés comme moyens ou grands, accrochaient à chaque fois, et les réclamaient souvent.

Après tout, le texte est simple, rapide à lire, l’album est cartonné et son petit format en fait un premier livre idéal, à mettre à disposition en collectivité ou à la maison. Les couleurs sont vives et contrastées. Pas étonnant que les enfants accrochent!

Lorsque j’ai accouché du Lutin et qu’on a du passer quelques temps à l’hôpital, j’ai trouvé ce coffret qui se vendait à la cafétéria, un peu comme un doudou familier qui m’attendait.

Je l’ai donc acheté et j’ai commencé à lire « papa dort » au Lutin dès ses 15 jours. Devant ses grands yeux intéressés, j’ai continué régulièrement. Et il adore toujours autant.

Je pense qu’on en a pour un moment avec cette boîte!

Pour tout vous avouer, je n’ai pas changé d’avis par rapport à mes premières impressions. Mais bizarrement, je me suis habituée à ces illustrations imparfaites, si particulières d’Alain Le Saux. Et je prends même plaisir à lire ses albums.

Le gros point positif est la richesse du vocabulaire courant. Sans en avoir l’air au premier abord, ces livres sont presque des imagiers pour des actions du quotidien.

A mettre donc entre toutes les petites mains!

Bla bla

Et si j’osais…

Il y a deux ans, des projets d’albums pour tout-petits ont commencé à germer dans ma tête. J’avais déjà 2 ou 3 textes aboutis, et j’avais une idée bien précise des illustrations qui les accompagneraient.

J’ai motivé ma soeur graphiste pour les illus mais elle, manquant de temps et moi voulant absolument des images dessinées à la main (et non à la tablette tactile), notre collaboration livresque s’est interrompue dans la joie et la bonne humeur! (Illu réalisée par elle juste au dessus)

C’est là que je me suis rappelé qu’en fait, je savais dessiner…il y a très longtemps, quand j’étais ado. Il n’y avait plus qu’à se lancer. J’ai acheté du matériel, décidé que mon outil serait l’aquarelle, regardé des tas de tutos sur youtube et me voici à l’entraînement depuis 2 ans.

Reste encore à oser…oser dire qu’on sait dessiner, oser montrer son travail, oser se confronter aux maisons d’édition, oser continuer s’il y a des refus, oser se nommer « illustratrice »…

Je n’en suis qu’aux 2 premières étapes mais j’ai l’impression d’avancer…un pas après l’autre.

Et vous, de quoi avez-vous très envie sans oser?