Bla bla·petite enfance

Lire à son bébé pendant la grossesse?

Quelle idée étrange de penser à lire à un bébé pas encore né! Et pourtant…

Comme je vous l’avais expliqué dans « A partir de quand peut-on lire aux bébés? », on estime que le bébé entend les sons entre le 5ème et 7ème mois de grossesse (Article médical très clair ici).

Il reconnait principalement la voix de ses parents (surtout celle de sa mère), ce qui fait de cette période un moment idéal pour partager un moment de lecture et en faire un rituel.L’histoire racontée à haute voix deviendra vite une mélodie familière et rassurante, bien avant que le bébé ne comprenne les mots eux-mêmes.

J’ai moi-même pu faire l’expérience dès mon 7ème mois de grossesse.

J’ai choisi un livre qui a été un coup de coeur, tant au niveau du texte que des illustrations (2 petites mains et 2 petits pieds que je vous présente ici).

J’avoue que les premières fois ont été un peu étranges.

Tout d’abord, en tant qu’adulte, nous avons souvent perdu l’habitude de lire à voix haute, de trouver la bonne tonalité. Alors il faut parfois s’entraîner avant d’être à l’aise.

Ensuite, lire pour quelqu’un qui n’est pas encore face à nous peut sembler inutile voire bizarre.

Pourtant, en répétant cette lecture de jour en jour en attendant bébé, je me suis sentie de plus en plus à l’aise. Et le plus étonnant, c’est que bébé s’est mis à réagir en donnant des coups, à chaque fois que je lisais lors du dernier mois.

Après sa naissance, à partir de 15 jours, j’ai commencé à lui lire « papa dort » et « regarde dans le ciel » . Il observait les couleurs, me regardait lire. Il avait l’air d’apprécier.

Et quand je lui ai lu « 2 petites mains » pour la première fois, à l’âge d’un mois, il a écarquillé les yeux et s’est immobilisé, absorbant toutes mes paroles jusqu’à la fin, sans me lâcher du regard.

A partir de la deuxième fois, il regardait les images.

Et cet album, pourtant long, l’a passionné pendant des mois. Il le réclame encore beaucoup.Aujourd’hui, on un petit lutin de 13 mois super concentré devant les livres qu’on lui lit, observant autant les dessins que les lignes d’écriture. Il sourit à certains moments, tourne les pages, fronce les sourcils devant certaines illustrations.

Il choisit même ses livres en faisant non de la tête quand ça ne lui plait pas ou quand il a un autre livre en tête. Il reconnaît tous les titres de sa grande bibliothèque.

Je ne saurai jamais si ce sont mes lectures pendant la grossesse qui ont donné le top départ de son plaisir des livres.

Ce qui est certain, c’est que cette expérience m’a permis de me connecter encore plus fort à lui, d’apprendre à lui parler comme à une vraie personne et surtout à créer des moments de complicité rien qu’à nous.Quelques conseils:

• choisissez 1 ou 2 livres faciles à lire, dont les images et le texte vous plaisent vraiment (pour moi, c’était 2 petites mains et 2 petits pieds dont je vous parle ici).

• lisez le livre à haute voix plusieurs fois par semaine, si possible pendant un temps d’éveil

• lancez-vous!

Si vous parlez de cette expérience autour de vous, vous risquez d’avoir 2-3 sourires ou des haussements de sourcils.

Pas de panique! Vous n’avez pas à convaincre qui que ce soit: vous le faites pour vous et votre bébé…

Ces mêmes personnes risquent d’être surprises quand elles verront votre tout petit apprécier la lecture à un âge qu’elles n’imaginaient pas.

Et n’hésitez pas à revenir par ici pour raconter votre expérience!

Mes Lectures

« Mon poussin » d’Akiko Hayashi et Kiyoshi Soya

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir un album très chouette offert au Lutin par son cousin.

Je vous avais déjà parlé il y a quelques temps d’Akiko Hayashi, qui avait illustré l’album Ma cabane de Feuilles.

L’illustratrice est ici dans un tout autre registre avec cet album, publié aux Éditions de l’Ecole des Loisirs.

Comme pour « ma cabane de feuilles », elle a illustré et fait publier le texte de son mari décédé plusieurs années auparavant.

Dans cette histoire, nous suivons un petit poussin qui se promène dans la nature quand la nuit se met à tomber. Mais loin d’être effrayé, le petit poussin se fabrique un abri de fortune grâce à une feuille et s’apprête à dormir dessous.

Heureusement, maman Poule, partie à sa recherche, vient se blottir chaudement contre son tout petit en attendant le jour!

Les tout-petits aimeront:

– retrouver le petit poussin à chaque page (le Lutin ne s’en lasse pas et pose son doigt dessus en poussant des « oh! » et des « ah! » plaisir)

– les changements de couleurs à chaque page pour illustrer la tombée de la nuit

– le format carré cartonné à manipuler à loisir

– l’arrivée de la maman poule

Comme d’habitude, le diaporama complet pour vous faire votre propre idée:

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En résumé, un joli album tout doux avec de belles illustrations colorées et un texte facile. Une histoire idéale pour accompagner le coucher des tout-petits!

A lire et à offrir sans modération!

Et retrouvez la lecture à voix haute de « Mon poussin » sur mon compte instagram @lecturesetreveries ainsi que les illustrations du jour!

Mes Lectures

« Beaucoup de beaux bébés » de David Ellwand

Aujourd’hui, je vous parle d’un album plutôt connu dans le domaine de la petite enfance: « Beaucoup de beaux bébés » publié aux éditions Pastel de l’Ecole des Loisirs en 1995.David Ellwand est photographe, d’où le projet de ce livre dont les photos en noir et blanc montrent différents bébés dans des situations du quotidien: à la sortie du bain, ou barbouillé de nourriture, en train de ramper ou de dormir.

Il y en a des timides ou des hardis, des tristes ou des joyeux, des sages ou des coquins, avec ou sans cheveu…

Et surtout, à la dernière page, il y a « toi », le bébé qui lit le livre, dans le miroir. Une super idée qui ravit les tout-petits à chaque fois.

Certes, les idées et le vocabulaire commencent à prendre quelques rides mais rien de choquant non plus.

Un album sans histoire, simple et très efficace! Idéal en cadeau de naissance.

Comme d’habitude, je vous mets le diaporama complet pour vous faire votre propre idée:

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Mes Lectures

« Petits pieds » d’Emma Adbåge

Aujourd’hui je vous parle d’un petit album tout mignon publié aux Editions Cambourakis, sur lequel le Lutin a tout de suite craqué.Dans « Petits pieds », un papa est sur le point de coucher son enfant. Il raconte sa journée mouvementée à travers ses petons.

Les pieds peuvent tambouriner dès le matin, mais aussi se faire discrets, sauter dans la gadoue, marcher en équilibre, éclabousser, grimper à l’arbre, shooter dans un ballon ou bien sauter sur le lit juste avant de dormir!

Autant d’activités qui parleront aux tout-petits et à leur parents!

Pour changer du diaporama habituel, je vous propose de découvrir cette fois la lecture complète sous forme de vidéo (également disponible sur Instagram @lecturesetreveries).

Mon avis:

Un livre coup de coeur très facile à lire et à comprendre, dont les mignons dessins illustrent tout simplement le texte!

L’autrice-illustratrice suédoise nous propose de découvrir la journée d’un enfant, qui pourrait aussi bien être une fille qu’un garçon.

Amateurs de motricité libre et d’autonomie, cet album cartonné au format carré vous enchantera.

Pour les plus angoissés, on essaiera de ne pas focaliser sur le banc retourné, ou sur le fer à repasser dont le fil pendouille sur le bord du meuble de la salle de bain…

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C’était ma participation pour le rendez-vous hebdomadaire « Chut les enfants lisent », proposé par Yolina du blog Devine qui vient bloguer

Mes Lectures

Magnifique «Heure bleue » d’Isabelle Simler

Saviez-vous qu’il existait dans la nature autant de couleurs que sur un nuancier? Qu’on pouvait trouver des animaux quasi féeriques aux couleurs improbables ?Dans « Heure bleue », publié aux Editions Courtes et Longues, Isabelle Simler nous fait découvrir les plus beaux bleus grâce à son tracé fin, détaillé et réaliste.

Dans cet autre article, je vous avais déjà parlé du terme « d’heure bleue » que j’avais découvert grâce au livre de Ghislaine Herbera. Il s’agit de ce moment où le jour se change en nuit et où la nature devient très bavarde si on sait l’écouter.

Au fil des pages, on rencontre le renard bleu mais aussi les grenouilles azurées, les pintades vulturines, la couleuvre agile ou les morphos bleus: un imagier original et sans failles!

Et autant d’animaux qui ne faisaitent pas partie de ma base de données!

En bref, je conseille ce livre à tous les amoureux de la nature, qu’ils soient tout-petits ou plus grands, fans de documentaires animaliers ou totalement novices, champêtres ou citadins.

Comme d’habitude, voici le livre en entier pour vous faire votre propre idée:

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Mes Lectures

« Les petits amis de la nuit » d’Ilya Green

Je vous propose aujourd’hui une jolie lecture pour accompagner le coucher des petits. 88AC5698-CB58-435E-B1B4-A3C2A1A1D56FAvec cet album cartonné, Ilya Green nous emmène au moment de l’endormissement, dans un voyage où l’imaginaire vogue entre rêve et réalité.

Enfants déguisés en animaux, animaux déguisés ou non…ça jongle, ça défile, ça joue du tambour, ça vole sur un bateau de papier dans les étoiles…en bref, un gros délire rigolo qui se termine par un bel endormissement collectif!

Les tout-petits aimeront:

• les illustrations colorées qui ressortent bien sur fond noir

• le subtil jeu de textures (motifs brillants sur fond mat, légers reliefs)

• le thème de l’endormissement, pas souvent abordé finalement

Mon avis:

Les illustrations d’Ilya Green sont, comme toujours, de toute beauté, réalistes et colorées. Elles sont d’autant plus mises en valeur par ce fond noir qui représente la nuit.

D’ailleurs, le Lutin a tout de suite aimé ce livre (alors qu’il était moins sensible à ceux sur fond blanc qu’on avait déjà empruntés).

J’ai trouvé le thème vraiment intéressant car le thème du coucher n’est pas abordé de façon classique: pas de parents, pas de séparation ou de « bonne nuit », pas de rituel du coucher. L’enfant est seul et serein dans cet endormissement qui passe par une phase d’excitation et de décharge (la fête, le spectacle) avant de passer à la phase de calme. A l’image de l’endormissement de beaucoup d’enfants.

En bref, un livre idéal à partager avant de se séparer pour une nuit pleine de rêves colorés.

Comme d’habitude, retrouvez l’intégralité de l’album en diaporama:

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C’était ma participation pour le rendez-vous hebdomadaire « Chut les enfants lisent », proposé par Yolina du blog Devine qui vient bloguer

Mes Lectures

« Les mains de papa » d’Emile Jadoul

Si vous me suivez sur Instagram @lecturesetreveries vous avez pu voir que j’étais plutôt active du côté dessin ces derniers temps. Et le Lutin occupe la majorité de mon temps.

Du coup, les chroniques lectures se sont un peu égarées…

Je remédie à ça aujourd’hui avec un classique de L’Ecole des Loisirs qui met les papas à l’honneur!

Dans ce tendre album cartonné, Emile Jadoul (auteur et illustrateur) décrit la relation d’un père et son fils grâce à des petites phrases et des onomatopées, de la grossesse à la marche.

Les tout-petits aimeront:

• les charmantes illustrations à la peinture à l’huile de l’auteur

• les onomatopées rigolottes du quotidien qui rythment le livre (hop! Guiliguili! Flic flac! Youhouu!)

• la présence du papa et de la maman

Comme d’habitude, le diaporama complet

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Mon avis:

Les situations illustrées sont simples et très courantes (même si elles ne sont évidemment pas spécifiques à la relation père/enfant).

Mains qui touchent le ventre de la femme enceinte pour communiquer avec le bébé, mains qui bercent le bébé, qui balancent, qui portent en écharpe ou dans l’eau, mains qui aident à monter les marches, à descendre du toboggan, à faire ses premiers pas….

Alors OK, ce papa aide trop et intervient beaucoup dans la motricité de son enfant. Il n’est pas branché Montessori ni Loczy. La Motricité Libre? Connaît pas!

Et surtout, ne prenez pas le portage en écharpe comme modèle ou vous risquez de retrouver bébé tête en bas, voire tête par terre!

Mais en dehors de ça, vous pouvez offrir ce classique les yeux fermés!

Un papa bien présent, qui fait rire, apaise son petit garçon et a de chouettes interactions avec sa femme?

On oublie la Motricité Libre (qui fera d’ailleurs l’objet d’un prochain post) et on fonce!

Pour finir, je vous laisse avec cette courte mais intéressante interview d’Emile Jadoul trouvée sur YouTube:

https://m.youtube.com/watch?v=LlrtCOZ-KxA

Et pour lire la chronique lecture précédente: Les p’tits noms

Bla bla·Divers

Le salon du Livre et de la Presse jeunesse

Cette année, comme les quatre années précédentes, j’ai pu aller à Montreuil pour le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse.

Une fois le Lutin confié (les parents qui tentent la visite avec un moins de 4 ans ont tout mon respect!), direction La Seine-Saint-Denis pour une matinée bien remplie.

L’occasion pour moi de:

– repérer les maisons d’édition qui me correspondraient le mieux quand je serai prête à présenter mon travail

– trouver quelques pépites à ramener au Lutin et tomber amoureuse de la Maison d’Edition Alice Jeunesse qui propose des albums incroyablement beaux comme celui-là qui est une merveilleuse déclaration d’amour à son enfant.

– voir Antonin Louchard et Katie Couprie plaisanter de façon complice tout en dessinant leurs dédicaces (je vous parlais d’eux dans la critique de Oh!La vache)

– voir les nouveautés des Maisons connues ou moins connues

– voir Joan Sfar dédicacer son dernier livre

– craquer sur les superbes illustrations de Marie-Aude Murail

– tomber sur des pépites inconnues à mon bataillon

Bref, il y a tellement de stands à voir que j’aurais pu y passer facilement la journée.

Mais les nuits du Lutin ne me permettent pas d’être assez en forme pour traîner dans un immense hangar sur 2 étages plus de 3 heures d’affilées sans tourner de l’oeil.

Alors rendez-vous l’année prochaine!

Mes Lectures

Lecture du jour: «Ma cabane de feuilles »

Aujourd’hui, nous abordons en douceur le thème de la nature et du partage, grâce à l’album « Ma cabane de feuilles » publié par l’Ecole des Loisirs.

La jolie mais triste histoire de cet album, est que l’auteur, Kiyoshi Soya, a écrit le texte juste avant d’être emporté par la maladie. Sa femme, Akiko Ayashi a donc décidé de l’illustrer par la suite.

Dans cette histoire, la petite Aya se fait surprendre par la pluie dans le jardin. Mais pas de panique, il y a tout un tas de feuillages pour s’abriter.

Très rapidement, les petites bestioles du jardin (scarabée, papillon, mante religieuse, coccinelle…) pointent le bout de leur nez.

Heureusement, Aya ne craint pas les petites bêtes et les invite même à venir la rejoindre dans sa cachette secrète.

Et quand la pluie s’arrête enfin, Aya renvoie gentillement ses compagnons de fortune vers leurs mamans!

Le diaporama complet du livre:

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Les tout-petits aimeront:

• les superbes illustrations d’Akiko Ayashi

• l’apparition des animaux au fil des pages

• l’histoire, simple et concrète

• s’identifier à la courageuse et généreuse petite Aya

Mon avis:

Ce court album cartonné de 12 pages est simple et doux. Il nous permet d’aborder le thème de la nature (grâce à l’astucieuse cabane de feuilles et de tous les petits animaux qui effraient bien souvent à tort les grandes personnes).

Et puis, comment ne pas craquer devant la frimousse de la petite Aya et ses multiples expressions?

L’éditeur conseille l’album à partir de 3 ans mais je pense qu’on peut tout à fait l’aborder avant. Beaucoup de jeunes enfants aiment les dessins détaillés. Ils ne seront pas déçus avec les illustrations faites à la plume et aux crayons de couleur!

Et pour ceux qui souhaitent retrouver la petite Aya ou aborder le thème des fratries, courrez voir « Aya et sa petite soeur » et « Aya et son grand frère », également publiés par L’Ecole des Loisirs.

Bla bla·Divers·petite enfance

5 règles d’or pour lire aux tout-petits

Avant d’avoir été en formation sur la lecture aux tout-petits, je pensais savoir lire. Mais ça, c’était avant…

J’en suis ressortie avec quelques règles d’or que je m’efforce de conserver avec mon Lutin.

Après les 5 bonnes raisons de lire aux tout-petits, je vous propose donc les 5 règles d’or pour lire aux tout-petits:

1On laisse découvrir l’objet livre à l’enfant, avec le moins de contraintes possibles.

Cela implique de choisir des livres adaptés à l’âge en contenu ET dans le format du livre: le tout-petit doit pouvoir manipuler le livre (attention au poids et à la taille), le goûter pour les plus jeunes (sans les laisser le détruire), tourner les pages dans l’ordre qui lui plait lorsqu’il manipule seul.

Pour résumer, moins on fait du livre un objet sacré, moins les enfants essaieront de l’abîmer ou de l’éviter (trop de contraintes, ça peut effrayer).

2On n’oblige pas l’enfant à rester assis pour écouter l’histoire

Pour nous adultes qui racontons, c’est plus commode d’avoir un enfant immobile, qui fixe le livre et reste pendu à nos lèvres (surtout en collectivité).

Sauf que pour la plupart des enfants de moins de 5 ans, la motricité est un point essentiel, notamment pour gérer les émotions.

En crèche, j’ai vu des enfants grimper tout en haut du toboggan au moment où l’on évoquait le loup. J’en ai vu d’autres aller chercher leur doudou ou leur tétine pour traverser le temps de lecture. D’autres ont besoin de se lever, de bouger, de toucher le livre, de se rapprocher physiquement du lecteur pendant l’histoire ou de s’en éloigner.

Cela ne veut pas dire qu’ils n’écoutent pas ou qu’ils n’aiment pas la lecture, juste qu’ils ont besoin d’en maîtriser quelque chose, à leur manière.

3• On ne transforme pas le moment de lecture en interro surprise ou en explication de texte.

Imaginez-vous en train de lire un livre et qu’une voix commente chaque phrase, vous donne la définition Larousse de différents mots, vous explique comment imaginer ou vous demande sans cesse ce que vous avez compris. Il y a des chances que vous laissiez tomber votre lecture.

Un bon livre raconte une histoire qui a un sens, une mélodie, parfois des rimes.

Quand on lit un album, l’enfant comprend peu à peu que le texte a un rapport avec l’image. Rapidement, il va mémoriser les courtes phrases et voudra même parfois lire seul.

Pour résumer, si on veut vraiment que le tout-petit soit attiré par la lecture, par les histoires et par les textes, il suffit de lire des albums sans parasiter la lecture par nos commentaires.

4On ne change pas le texte.

Un livre est un objet permanent, stable: le texte et les images sont toujours les mêmes. On sait déjà que le tout-petit a besoin de maîtriser son environnement pour le comprendre. Le livre n’échappe pas à la règle.

Les petits ont besoin de maîtriser le texte pour se rassurer. Plus le temps va passer et plus ils aimeront anticiper les phrases, les dire eux-mêmes.

Même si certains mots nous semblent compliqués, il est inutile de les simplifier. Il suffit d’attendre que l’enfant soit en âge de demander ce que cela signifie. Et s’il ne demande rien, c’est qu’il n’est pas encore intéressé. Laissons-le donc avec son propre imaginaire.

L’un des intérêts de la lecture est d’enrichir le vocabulaire, certes. Mais pour un tout-petit, ce sont la tonalité et la sonorité des mots qui vont compter davantage dans un premier temps. Le vocabulaire et la compréhension s’affineront avec le temps. Et si on tient absolument à leur apprendre de nouveaux mots, pourquoi ne pas utiliser plutôt des imagiers thématiques?

5• On ne saute pas de page, et on n’évite pas un livre car l’enfant pleure ou semble avoir peur. Par contre, on doit l’accompagner dans ses angoisses.

J’ai beaucoup vu cela en collectivité et parfois même à la demande des parents « il a très peur du loup en ce moment, arrêtons les histoires de loups » « il mord beaucoup, stoppons les histoires d’animaux avec des grandes dents, qui mordent ou croquent » « elle est triste pendant cette histoire, évitons là ».

Si l’enfant exprime des émotions, c’est que ce livre touche une problématique qui le concerne de près ou de loin et qu’il va la travailler à sa manière, à son rythme.

Laissons donc ces livres à disposition, continuons à les lire en proposant un doudou, une tétine, une lecture sur nos genoux pour rassurer. Et parlons leur de leurs émotions (pourquoi pas avec un livre dont c’est le thème?).

Eviter le livre ou le thème qu’il traite pourrait envoyer le message qu’il y a une raison d’avoir peur, que l’objet livre est dangereux. Au contraire, le livre peut permettre de maîtriser ses peurs (ouvrir et refermer le livre soi-même peut aider par exemple, entendre des histoires où le loup a peur aussi,…). Ou parfois simplement attendre que l’enfant, au fil des lectures, digère ses émotions.

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Je sais que la plupart des adultes ne tiennent pas compte de ces règles et ce n’est évidemment pas dramatique. Mais j’ai pris conscience que cela comportait un risque: celui de ne pas associer la lecture au mot plaisir.

Beaucoup de parents et de professionnels que j’ai rencontrés pensaient que les enfants à qui ils lisaient ne s’intéressaient pas aux livres. Sauf qu’ils ne lisaient pas l’histoire. Ils commentaient chaque illustration avec leur propre imaginaire, changeaient les mots à chaque fois, attendaient des enfants qu’ils racontent ce qu’ils avaient compris ou les corrigeaient s’ils avaient imaginé autre chose. Il ne s’agissait donc pas de lecture-plaisir mais plutôt de lecture-apprentissage, avec des attentes, des bonnes et des mauvaises réponses. En écoutant une histoire, l’enfant risquait donc d’être en échec.

La seule chose que je pourrai ajouter pour vous convaincre, c’est simplement d’essayer, juste pour voir! Et croyez-moi, ce n’est pas simple de changer ses habitudes.

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Et à la maison, on fait comment?

On fait avec souplesse! Je lis au Lutin en tenant compte de ces règles d’or depuis qu’il a deux semaines. A 7 mois, il est toujours fan de nos moments de lecture qui peuvent durer une demie-heure entière.

Mais je n’impose ces règles à personne d’autre.

Car je vois le Lutin partager des moments de lecture complices avec son papa ou avec ses grands-parents et je me dis qu’il aura différents types de lecteurs autour de lui.

Ce qui est sûr, c’est qu’on lui aura transmis le plaisir de la lecture, chacun à notre manière.