Bla bla·petite enfance

Le choix de la motricité libre à la maison

Quand on travaille en crèche et qu’on devient maman, on se demande forcément ce qu’on va pouvoir appliquer à la maison.

Par ici, on a choisi de proposer au Lutin un environnement propice à favoriser la motricité libre…sans toutefois devenir rigide sur le principe.

Le concept de Motricité Libre repose sur l’idée que le petit être humain est programmé génétiquement pour acquérir la marche en passant par des étapes successives connues et à son propre rythme (voir les dessins ci dessous)

Emmi Pikler Développement Motricité LibreEn pratique, on installe le bébé sur un tapis assez ferme, sur le dos, les pieds nus de préférence, et on dispose des jouets autour de lui (sans en mettre trop) pour le stimuler. ET C’EST TOUT!

L’envie d’observer, d’atteindre, d’être actif du boutchou fera le reste.

En théorie, tout ce qui entrave la liberté de mouvement de l’enfant est à bannir : OUT le transat (bébé coincé sur le dos ou en position assise trop précocement), OUT le parc (bébé en prison qui ne peut pas partir à la découverte du monde extérieur), et évidemment pas de vêtements trop serrés.

En pratique, cela signifie qu’on ne met pas un enfant dans une position qu’il n’a pas encore trouvé tout seul (on ne l’assoit pas calé avec des coussins, on ne le fait pas marcher en le tenant par les bras, on ne le pose pas sur un camion trotteur,…). On ne l’aide pas non plus à démarrer ou à finir ses mouvements.

Bon, dans la vraie vie, les maisons ne sont pas des crèches et les parents ne sont pas des professionnels de l’enfance. Donc on fait ce qu’on peut!

Et si on ne respecte pas tous les principes de la motricité libre, ce n’est pas grave, pas de pression. On essaie de faire avec logique et on n’essaie pas d’appliquer tout ce qu’on a vu dans un livre comme une doctrine (et des livres prônant telle ou telle théorie comme étant la meilleure, il y en a un paquet en ce moment!).

Et chez nous, pour le Lutin, on fait comment?

On alterne entre le transat/chaise haute à hauteur de chaise adulte (chien de 45kg qui veut faire des léchouilles oblige), le tapis d’éveil avec objets qui pendent à hauteur de main quand le Lutin ne se déplaçait pas, la position allongée sur le canapé près de nous et bien sûr beaucoup de portage.

Plus récemment, nous avons investi dans un parc pliant assez grand pour les moments où on ne peut pas être disponible au sol avec lui (le Lutin de 9 mois rampe partout à une vitesse folle, en quête de prises, de fils électriques ou des moustaches du chien…). Et le tout en chaussettes, parceque la canicule est loin derrière nous!

Et on estime que le Lutin n’est pas entravé, d’autant qu’il sait très bien nous communiquer lorsqu’il se sent bien ou pas.

Nous avons aussi choisi un meuble qui permet de ranger les jouets à hauteur de sol, de même qu’une bibliothèque basse. Cela lui permet d’être autonome dans ses choix et il s’en saisit vraiment!

Au risque d’en agacer quelques-uns, je voulais finir cet article par une Ode au bon sens et à l’instinct…

Oui les enfants n’ont pas tous le même rythme et on se doit d’être patient, de les laisser faire, de les encourager sans intervenir.

MAIS…

Contrairement à ce qu’on peut penser, le développement de la motricité n’influence pas seulement la marche, l’équilibre ou le fait de se sentir bien dans son corps. On sait par exemple que les apprentissages, et notamment celui de l’écriture sera fortement influencé par le développement moteur.

Si vous sentez que votre enfant est en difficulté, s’il saute plusieurs étapes du schéma classique, s’il stagne trop longtemps, si vous trouvez sa motricité peu harmonieuse ou étrange, n’hésitez pas à consulter un psychomotricien pour un avis. Celui-ci pourra pratiquer un bilan (prescrit par votre pédiatre) et voir si quelques séances sont nécessaires.

Pour finir, je vous propose un livre plein de bon sens, écrit par une kiné.

Je m’en sers beaucoup pour la formation continue des professionnels avec qui je travaille en crèche mais également avec les parents qui veulent stimuler leur enfant sans entraver leur développement. Le livre est plein de photos, de dessins et de conseils intelligents et bienveillants. Vous trouverez les 17 premières pages sur le lien.

Mes Lectures

Coup de coeur pour… »L’heure bleue » de Ghislaine Herbera

Connaissez-vous l’heure bleue, ce moment entre le jour et la nuit, l’heure où le ciel met sa robe du soir?

Dans ce joli album publié aux Editions MeMo, Ghislaine Herbera évoque ce fameux moment, souvent en début de soirée, où nos tout-petits ont un coup de blues, un gros chagrin, sans que rien de spécial ne se soit passé.

Comme s’il suivait une caméra qui se déplace de gauche à droite, le lecteur découvre la soirée d’une famille à travers des dialogues.

Du papa qui lit un livre à sa fille, en passant par la maman qui bricole, les frères et soeurs qui jouent à la bagarre, font des constructions, cuisinent ou prennent un bain, tout semble normal jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que Nomi, le petit dernier, assis sur son tapis, ne va pas très bien…

Chacun arrête alors son activité pour chercher à comprendre ce qui ne va pas.

L’histoire se termine lorsque Nin, l’une des soeurs, annonce avoir percé le mystère!

« C’est l’heure bleue, l’heure du chagrin mystérieux où l’on a seulement besoin d’un gros calin, d’un baiser, d’une caresse pour qu’il disparaisse ».

Nin prend Nomi dans ses bras et celui-ci, se sentant enfin compris, s’endort paisiblement.

Avant de vous donner mon avis, je vous mets le diaporama complet, comme d’habitude.

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Les tout-petits aimeront:

• les douces illustrations aux crayons de couleurs de Ghislaine Herbera

• la reconnaissance des événements du quotidien (les jeux, le bain, la préparation du repas…)

• la mélodie des questions qui se finissent par des rimes

• l’histoire qui se finit par un gros câlin

Mon avis d’adulte:

L’histoire parle autant aux parents qu’aux enfants.

C’est un vrai album coup de coeur avec des illustrations délicates et originales.

On s’identifie facilement à ces personnages (créations de l’illustratrice ou animaux bizarroïdes – un peu du style de Tchoupi dont je cherche encore le type d’animal).

Le texte peut sembler long pour un tout-petit de moins de 2 ans, mais comme vous le savez déjà, pour moi, les indications d’âge des éditeurs ne sont pas infaillibles. A chacun de voir si son boutchou est réceptif ou non!

J’ai bien aimé le parallèle entre les questions posées par les membres de cette famille pour aider Nomi et les questions que se posent tous les parents quand leur bébé ne va pas bien. Est-ce la faim? La douleur? Le besoin d’être changé ? Celui de jouer?

Et finalement, si c’était simplement le besoin d’être câliné et porté?

Une fresque bienveillante à mettre donc entre toutes les petites mains!

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Et pour lire la précédente chronique lecture sur le bel album coloré d’Antony Louchard et Katy Couprie : Oh!la vache